Il est 8h30. Vous croisez votre collègue dans le couloir.
"Ça va ?" vous demande-t-elle avec un sourire automatique.
Vous répondez, tout aussi automatiquement :
"Ça va, et toi ?"
Personne n'écoute vraiment la réponse. La plupart du temps, elle n'existe même pas.
Nous vivons entourés de filtres.
Filtres des réseaux sociaux, où tout le monde expose sa plus belle vie.
Filtres des réunions professionnelles, où tout le monde affiche sa plus grande confiance.
Filtres des dîners de famille, où l'on évite les sujets qui fâchent.
Filtre du "ça va" qui clôt la conversation avant même qu'elle ne commence.
Et si, pour une fois, on essayait autre chose ?
Et si on se donnait le droit de répondre vraiment à cette question ?
🎭 Le masque du "tout va bien"
Il est confortable, ce masque. Il nous protège. Il évite les questions. Il évite les regards gênés. Il évite d'avoir à expliquer, à se justifier, à se sentir fragile devant l'autre.
Mais il est épuisant.
Porter un masque, c'est retenir sa respiration.
C'est serrer la mâchoire.
C'est maintenir un sourire qui ne monte pas jusqu'aux yeux.
C'est répondre "oui" quand on a envie de dire "non".
C'est dire "ça va" quand, à l'intérieur, tout est lourd.
Et le soir, une fois les portes fermées, le masque tombe.
Et on se retrouve seul face à ce que l'on porte réellement.
Ce que le filtre nous coûte
Quand tout le monde dit "ça va", personne ne va bien.
Nous nous retrouvons seuls, chacun dans sa bulle, convaincu que les autres sont plus solides, plus sereins, plus heureux.
Certains appellent cela "garder la face".
Je l'appelle : une immense solitude.
Le silence autour des vraies difficultés crée une pression invisible.
On se compare.
On se juge.
On se dit : "Pourquoi moi je n'y arrive pas, alors que tout le monde semble si bien s'en sortir ?"
C'est faux, bien sûr.
Mais comment le savoir, si personne ne parle jamais avec sincérité ?
Et si on changeait la réponse ?
Je ne vous demande pas de déballer votre vie à la machine à café.
Je ne vous demande pas de transformer votre collègue en thérapeute.
Je ne vous demande pas de vous répandre en détails.
Je vous demande simplement d'envisager autre chose.
Et si, la prochaine fois qu'on vous demande "ça va ?", vous vous autorisiez à répondre :
"En ce moment, c'est un peu dense."
Ou :
"Ça va, mais je suis fatigué·e."
Ou encore, plus simplement :
"Franchement ? Pas super."
Sans en faire un drame.
Sans plomber l'ambiance.
Sans exiger de l'autre qu'il règle quoi que ce soit.
Juste une phrase. Honnête. Et puis on continue la journée.
Comment s'y prendre, concrètement ?
Parce que ce n'est pas toujours simple de lâcher le "ça va" de sécurité, voici quelques repères :
1. Choisissez à qui vous vous ouvrez
La vulnérabilité n'est pas une obligation envers tout le monde.
C'est un cadeau que vous offrez à ceux qui le méritent.
Commencez par une personne de confiance : un proche, un ami, un collègue bienveillant.
2. Dosez votre réponse
Pas besoin de tout révéler d'un coup.
Une phrase suffit pour aujourd'hui.
Vous verrez bien comment cela résonne en vous.
3. Nommez une émotion simple
"Je suis un peu dépassé·e."
"Je me sens sous pression."
"Je me sens fatigué·e."
Il n'y a pas besoin d'en dire plus. Le fait de le dire, simplement, allège déjà.
4. Acceptez la réponse de l'autre
Parfois, l'autre sera gêné·e.
Parfois, il changera de sujet.
Parfois, il dira "oh" et ne saura pas quoi faire.
Et ce n'est pas grave. Vous avez fait votre part : vous avez été vrai·e.
5. Ne vous culpabilisez pas
Vous avez le droit de ne pas aller bien.
Vous avez le droit de le dire.
Vous n'êtes pas en train d'ennuyer les autres.
Vous êtes en train de construire une relation plus profonde, plus honnête, plus réelle.
Ce que la sincérité change dans les équipes et les entreprises
J'accompagne des dirigeants, des managers et des équipes.
Je vois des entreprises entières fonctionner sur le mode de la performance et du sourire obligatoire.
Je vois des collaborateurs épuisés de devoir sembler forts.
Je vois des managers qui n'osent pas dire qu'ils doutent.
Je vois des chefs qui croient qu'ils ne doivent jamais montrer leurs failles.
Et pourtant, les équipes les plus performantes ne sont pas celles où tout le monde affiche une confiance béton.
Ce sont celles où chacun se sent suffisamment en sécurité pour dire : "Là, j'ai besoin d'aide." ou "Je ne sais pas." ou "Ça ne va pas."
Quand on autorise la vulnérabilité, on libère une énergie immense.
L'énergie que l'on dépensait à cacher, à tenir, à faire semblant.
Cette énergie peut enfin être dirigée vers ce qui compte vraiment : la créativité, l'entraide, l'action, le plaisir.
Un espace où l'on peut dire "je suis perdu" est un espace où l'on peut enfin avancer.
🕊️ Un petit exercice pour aujourd'hui
Avant de terminer, je vous propose quelque chose de simple.
Lors de votre prochaine interaction, quand quelqu'un vous demandera "ça va ?" :
Prenez une seconde avant de répondre.
Accueillez ce qui est présent en vous, là, maintenant.
Et choisissez la réponse qui est la plus juste.
Cela peut être un simple "oui" sincère.
Cela peut être un "ça va" mais dit avec le sourire qui va avec.
Ou cela peut être : "En ce moment, je traverse une période un peu compliquée."
Peu importe la réponse.
Ce qui compte, c'est qu'elle vienne de vous. Vraiment.
Et si vous êtes de ceux qui entendent la réponse de l'autre, écoutez.
Ne cherchez pas à réparer.
Ne dites pas "ça va aller".
Dites simplement : "Je t'entends. Merci de me l'avoir dit."
Parfois, c'est tout ce dont nous avons besoin : être entendu·e.
Sans filtre. Sans dédramatiser. Sans détour.
Une dernière chose
Je crois profondément que la vraie force, ce n'est pas de tenir coûte que coûte.
La vraie force, c'est d'oser dire : "Là, j'ai besoin de soutien."
En tant que thérapeute, j'accompagne des personnes qui, pour certaines, n'ont jamais dit ces mots à voix haute.
Elles ont passé des années à porter leur charge en silence.
Et le jour où elles acceptent d'être vulnérables, quelque chose se libère.
Pas parce qu'il y a une solution magique, mais parce qu'elles arrêtent de lutter seules.
Je vous invite à expérimenter cela.
Invitez la sincérité dans vos relations. Laissez tomber le masque, un instant, avec une personne de confiance. Et si vous n'avez personne à qui le dire, sachez que ma porte vous est ouverte.
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Vous avez le droit de ne pas aller bien. Et vous avez le droit de le dire.
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Et si vous souhaitez être accompagné·e, personnellement ou en équipe, pour créer un environnement plus humain et plus fluide, n'hésitez pas à me contacter.
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Je m’appelle Gaëtane,
Et avant tout je suis une femme qui aime rire, partager, bouger, danser, créer des liens et savourer les petits bonheurs du quotidien.
Mon parcours est marqué par la résilience et une profonde conviction :
Chaque épreuve est une invitation à se réinventer.
J’ai moi-même traversé des périodes de transformation (que je vous raconte dans mon livre) qui m’ont appris que le bien-être passe par l’écoute de soi, la libération des émotions et la reconnexion à son énergie vitale.
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GAÉTANE GRATON
Quand ça bloque, déborde ou tourne en boucle,
je vous aide à remettre du vivant, du sens, de l’envie, de l’élan
Individuel & Collectif
Créatrice d' espaces pour déposer, se relier, se transformer = redevenir Vivant
Autrice de La vie après vous - Sur le chemin du deuil : Outils pour retrouver la sérénité
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